Alors que certains partis politiques et de la société civile continuent d’accentuer la pression sur les autorités de la transition afin réduire les 36 mois de la transition, le président du Conseil National de la Transition prévient sur le risque que la Guinée court en bâclant la transition.
Invité de l’émission «Droit et Démocratie» de la télévision nationale, Dr Dansa Kourouma a laissé entendre qu’une transition dont les bases sont biaisées ouverts des vannes à d’autres transitions.
«J’aimerais bien que les acteurs prennent la transition pose les bases, ce n’est pas elle qui va dérouler l’agenda du développement économique du pays. Mais, il y a des bases solides qui sont posées, c’est pourquoi on utilise d’ailleurs le terme de réfondation. Aller sur une fondation solide et sur laquelle les institutions seront construites, sur laquelle les politiques publiques seront bâties. Je reste clair, si on rate les bases de la transition, elle ouvrira à d’autres transitions inéluctablement et ça ne dépassera pas un cycle de dix (10) ans. Toute transition dont les bases sont biaisées, d’autres transitions seront possible et dans une échelle de dix (10) ans a t-il martelé, d’ajouter:
«Prenez l’exemple sur la dernière que nous avons connue, la transition de 2008-2009. Nous l’avons fait dans la précipitation. En trois (3) à quatre (4) mois on fait une constitution, on a même dit qu’on ne va pas au référendum, il faut organiser les élections. Ils ont dit qu’il faut commencer à la présidentielle et terminer par les législatives et les locales. Après la présidentielle de 2010, il a fallu dix (10)ans pour qu’on parle d’une autre élection. Il a fallu plus de sep (7) ans pour parler des législatives et près de dix (10) ans pour parler des locales. On ne peut pas continuer dans un pays à reproduire les mêmes erreurs. Si les réformes ne sont pas solides, si elles ne sont perpétuelles, c’est un gros risque que le pays court, c’est un gros risque que la population court. Donc, je reste clair là-dessus le CNRD, le CNT, tous les organes de la transition sont ouverts au dialogue. Mais, le point qui est non négociable, c’est de biaiser les bases de la transition donc, il est fondamental qu’on discute» a t-il indiqué.
Camara
