Justice : Badra Koné face à la CRIEF pour un détournement présumé de 240 milliards GNF

​Le bras de fer judiciaire a débuté ce mercredi 29 avril 2026. L’ancien président de la délégation spéciale de Matam, Badra Koné, a comparu devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Il n’est pas seul sur le banc des accusés : sept autres prévenus sont également cités dans ce dossier fleuve.

​Un catalogue d’infractions lourdes

​Le dossier à charge contre l’ancien édile est particulièrement dense. Les chefs d’accusation retenus par le parquet spécial incluent :

  • Détournement de deniers publics (estimé à 240 milliards de francs guinéens) ;
  • Corruption d’agents publics et enrichissement illicite ;
  • Faux et usage de faux en écritures publiques ;
  • Prise illégale d’intérêt et conflit d’intérêt au profit de la société « B&B BTP SARL » ;
  • ​Blanchiment de capitaux et escroquerie.

​Les faits reprochés couvriraient une période allant de février 2021 à avril 2026. Selon l’accusation, Badra Koné aurait notamment usé de manœuvres frauduleuses pour favoriser l’octroi de marchés publics à des entités liées à ses intérêts personnels.

​Une procédure de flagrance contestée

​Dès l’ouverture des débats, les prévenus ont affirmé être prêts à être jugés immédiatement, la procédure étant engagée sous le régime du flagrant délit. Invité à s’exprimer sur les faits à la barre, Badra Koné a fermement plaidé non coupable, rejetant l’intégralité des charges pesant contre lui.

​Le coup de théâtre de la défense

​Alors que le président de la Cour s’apprêtait à interroger le prévenu sur le fond du dossier, la défense a stoppé net l’élan de l’audience. Me Facinet Sylla a soulevé une exception de procédure majeure :

​« Nous invoquons l’article 66 du code électoral, qui interdit toute poursuite pénale contre un candidat en période électorale. »

 

​Cette stratégie vise à obtenir la suspension immédiate des poursuites, mettant ainsi la Cour face à un dilemme juridique de taille. Pour l’heure, les débats se poursuivent dans une atmosphère électrique, la CRIEF devant trancher sur cette exception avant d’aborder, ou non, l’examen des preuves.