C’est un revirement totalement inattendu qui secoue l’appareil judiciaire guinéen. Dix-neuf ans après l’assassinat non élucidé de la citoyenne canadienne Rachelle Wrathmall sur le sol nord-américain, le Parquet Général près la Cour d’Appel de Conakry a officialisé, ce mercredi 17 juin 2026, le lancement de poursuites judiciaires.L’enquête vise directement un ressortissant guinéen établi dans la capitale.
Retour sur un +cold case+ vieux de deux décennies
Le drame s’est noué le 29 juin 2007 au Canada, jour où le corps sans vie de Rachelle Wrathmall a été découvert à son domicile. Alors que le dossier piétinait outre-Atlantique depuis près de vingt ans, l’affaire s’exporte désormais en République de Guinée. Les autorités judiciaires locales confirment avoir reçu une dénonciation formelle pour des faits s’apparentant à un “meurtre”.
Rafiou Sow ciblé à Conakry
Par voie de communiqué, le Procureur Général près la Cour d’Appel de Conakry, Fallou Doumbouya, a ordonné le déploiement d’investigations approfondies. La procédure désigne nommément Monsieur RAFIOU SOW, un citoyen guinéen résidant à Conakry, désigné dans la dénonciation parvenue aux magistrats.
Pour mener à bien les actes d’enquête nécessaires à la manifestation de la vérité, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Dixinn a été chargé de piloter l’action publique. Les investigations sur le terrain ont été confiées à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).
Le levier de la compétence extraterritoriale
Pour agir sur un crime commis à l’étranger, le Parquet Général s’appuie sur l’arsenal juridique guinéen, notamment les articles 41, 42, 44 et surtout l’article 759 du Code de procédure pénale (CPP). Cette disposition spécifique permet aux tribunaux du pays de poursuivre et de juger un citoyen guinéen pour des infractions graves commises hors des frontières nationales.
“Le Parquet Général près la Cour d’Appel de Conakry informe l’opinion publique qu’il a été saisi d’une dénonciation relative à des faits susceptibles de recevoir une qualification pénale demeurtre en lien avec le décès de Madame Rachelle Wrathmall, citoyenne canadienne retrouvée morte à son domicile au Canada le 29 juin 2007.
Au regard des informations contenues dans cette dénonciation et conformément aux dispositions des articles 41, 42, 4 et 759 du Code de procédure pénale, le Parquet Général, a prescrit l’ouverture d’investigations judiciaires destinées à vérifier les faits dénoncés et à en apprécier la portée pénale éventuelle.
A cet effet, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Dixinn a été instruit de faire procéder à toutes diligences utiles en vue de la manifestation de la vérité”, annonce le Procureur Fallou Doumbouya.
Droits de la défense et présomption d’innocence
Le Parquet Général a tenu à rappeler que Monsieur Rafiou Sow reste présumé innocent tout au long de la procédure, tant qu’aucune condamnation définitive n’aura été prononcée, conformément à la Constitution guinéenne et aux traités internationaux.
“Conformément aux principes consacrés par la Constitution de la République de Guinée, les instruments juridiques internationaux régulièrement ratifiés ainsi que les dispositions du Code de procédure pénale, l’intéressé bénéficie pleinement de la présomption d’innocence tant qu’une décision de justice définitive n’aura pas établi sa culpabilité. Le Parquet Général veillera au respect scrupuleux des droits de la défense, du principe du contradictoire, de la dignité du suspect ainsi que de l’ensemble des garanties procédurales prévues par la loi.
Il rappelle également que les juridictions guinéennes sont compétentes pour connaître, dans les conditions prévues par l’article 759 du Code de procédure pénale, des infractions commises hors du territoire national par un citoyen guinezn lorsque les conditions légales d’exercice de cette compétence sont réunies”, mentionne le Parquet.
En conclusion, le procureur général Fallou Doumbouya réaffirme sa « détermination à conduire cette procédure avec toute la rigueur requise par la loi, afin que toute la lumière soit faite sur les faits dénoncés (…)».
CAMARA
