Le Ministère de la Pêche et de l’Économie Maritime a franchi, ce lundi 26 octobre 2026 à Conakry, une étape historique avec le lancement officiel du Système Intégré de Gestion de la Pêche et de l’Économie Maritime (SIGPEM), baptisé « KONKÖE». Placée sous la présidence d’honneur de M. Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet à la Présidence de la République, la cérémonie a rassemblé de hauts dignitaires de l’État, parmi lesquels le général Amara Camara, ministre secrétaire général à la Présidence, et Mme Fatima Camara, ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, ainsi que de nombreux acteurs de la filière.

Une rupture avec l’opacité et l’administration du passé
Conçu pour simplifier les démarches administratives, renforcer la transparence et moderniser l’ensemble de la filière halieutique, ce guichet unique numérique s’inscrit pleinement dans la dynamique de transformation nationale impulsée par le programme Simandou 2040.

Une vision portée par l’audace et l’ancrage culturel
Prenant la parole avec émotion, la ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Mme Fatima Camara, est revenue sur le parcours complexe qui a mené à la concrétisation de ce projet technologique, saluant l’engagement des partenaires nationaux face aux hésitations de certains prestataires internationaux.

« Comme le PDG l’a dit, c’est avec beaucoup de risques que Karity s’est engagé sur ce projet. J’avais rencontré beaucoup de partenaires internationaux qui n’ont pas eu confiance en la Guinée et qui n’ont pas eu confiance en moi. Ils voulaient qu’on paye comptant, mais Karity s’est engagé, et ça, je voudrais faire un standing ovation pour Karity, » a-t-elle souligné.
Expliquant le choix du nom de baptême de la plateforme, ancré dans les traditions locales, elle a souligné.

«KONKÖE est d’une part le nom qui désigne le macharon en langue soussou. Ce choix traduit notre volonté d’associer l’innovation technologique à notre identité culturelle, mais aussi aux réalités de notre secteur. D’autre part, Konköé est un guichet unique numérique pour la pêche artisanale comme pour la pêche industrielle. Depuis un téléphone ou un ordinateur, chacun pourra faire sa demande, suivre son dossier et connaître les règles, les mêmes pour tous », a-t-elle mentionné.
S’adressant directement aux professionnels de la mer, la ministre a rassuré.

« À vous, maréeurs, pêcheurs, transformatrices et armateurs, je veux vous dire ceci : KONKÖE est d’abord un service, et il est à votre service. Il n’est pas là pour vous compliquer la vie, mais pour vous la faciliter. Pendant longtemps, c’était à vous de venir vers l’administration ; avec Konköé, c’est désormais l’administration qui vient vers vous, et cela dès le 1er novembre 2026» , a-t-elle lancé.
Un partenariat national au service de l’excellence
De son côté, M. Daouda Koné, CEO du Groupe Karity & Co Holding, a mis en avant l’importance de ce transfert de compétences et d’infrastructures pour l’écosystème guinéen.

« Notre vision ne se limite pas aux investissements et à la technologie. Elle repose également sur la création de valeur, le développement des compétences et le transfert de savoir-faire. En Guinée, cette ambition se traduit notamment par l’implantation de deux structures locales qui soutiennent notre engagement de proximité, l’emploi des compétences guinéennes par un transfert d’expertise et de développement de capacités durables », a-t-il indiqué.
Présidant cette cérémonie d’envergure, M. Djiba Diakité a insisté sur la nécessité pour l’administration publique de emboîter le pas aux grandes réformes structurelles du pays :

« Le simandou roule désormais sur le rail en traversant des montagnes, des rivières, les champs agricoles par endroits. Ce train nous adresse un message sans ambiguïté sous la clairvoyance du Président de la République, Mamadi Doumbouya. Désormais, chaque secteur doit prendre au minimum la vitesse de ce train et aucun guinéen ne doit rester sur les quais… Aujourd’hui, ce n’est pas un simple logiciel informatique que nous lançons. C’est un acte de souveraineté. C’est une rupture avec les lanternes, l’opacité et les procédures d’un autre temps », a-t-il indiqué.
Insistant sur la portée sécuritaire et éthique de l’outil, il a ajouté :

« La plateforme KONKÖE , c’est l’État qui protège aussi. Nos ressources halieutiques mieux gérées, nos eaux mieux surveillées, nos recettes mieux sécurisées. Car, disons-le clairement, là où la procédure est numérique, l’arbitrage recule. Là où la donnée est transparente, la corruption n’a plus d’abri », a-t-il martélé
Un déploiement progressif en trois lots
Le SIGPEM (KONKÖE) est structuré pour s’intégrer de manière méthodique dans le paysage administratif guinéen à travers trois lots distincts :

Le Lot 1 (Lancé ce 26 octobre 2026) : Il constitue le socle initial, couvrant la gestion des armateurs, le registre national des navires, les autorisations d’accès à la zone économique exclusive (ZEE) et la génération des licences de pêche.
Le Lot 2 : Axé sur la certification des captures et des produits, la gestion des sanctions, des arraisonnements et la naturalisation des navires.
Le Lot 3 : Dédié aux agréments techniques et sanitaires ainsi qu’à la gestion des espaces et locaux publics relevant du périmètre ministériel.
Avec la mise en service effective de cette plateforme dès le 1er novembre 2026, l’économie bleue guinéenne tourne résolument la page de la bureaucratie papier pour s’ouvrir à l’ère de l’efficacité, de la traçabilité et de la bonne gouvernance

