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    23ème anniversaire de l’agression rebelle: “Il est difficile d’évoquer en ces temps là, ce que les gens ont vécu”, Moussa Solano.

    Mamadouba CamaraBy Mamadouba Camara2 septembre 2023Aucun commentaire5 Mins Read
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    1er septembre 2000, 1er septembre 2023, cela fait 23 ans jour pour jour que la République de Guinée a été victime agression rebelle au niveau ses frontières avec la Libération et la Sierra Leone.

    Vingt trois (23) ans après cet événement douloureux qui a fait de plus de 3 000 morts, Moussa Solono, ministre de la sécurité et l’administration du territoire et de la décentralisation à l’époque des faits se souvient de cette date .

    “Personnellement, je n’étais pas à Conakry lorsque Phamalap et Massadou (Macenta) ont été attaqués. J’étais un peu loin d’ici, et je venais sur Guékédou, c’est là-bas où j’ai reçu un appel du chef de l’État, me demandant de répliquer directement sur Conakry. Il me demanda si j’étais au courant de ce qui se passe, je dis évidemment, je suis en route pour Conakry et je suis rentré le même jour à Conakry pour prendre les dispositions qui s’imposaient. Parce qu’on ne savait pas avec l’attaque de Phamalap, quelle était la vitesse d’action des rebelles qui se multiplient comme des abeilles. On ne sait jamais comment les démasquer et qui peuvent se retrouver partout parce qu’ils ne font pas de la guerre conventionnelle. Ils faisaient des choses qui sont très difficile à comprendre. Ils sont par exemple au marché de Phamalap, ils ont attaqué les gens, ils ont tiré au 4 coins du marché, le marché s’est démêlé, finalement c’était la panique généralisée et beaucoup de personnes ont perdu la vie. Phamalap a été attaqué à plusieurs fois et c’était la même chose à Massadou. Massadou aussi en 1er septembre, qu’ils ont vu l’horreur. Vous savez Massoudou  est un petit village qui est à quelques 5 ou 6 kilomètres de la frontière avec le Liberia. C’est une rivière qui les sépare qui est la frontière elle-même. Donc, on peut traverser la rivière à pied. Ils sont venus dans Massadou, ils ont fait l’horreur. Il est difficile d’évoquer en ces temps là ce que les gens ont vécu, ce que ces villages et environnants ont vécu le jour du marché. Des gens qui venaient de Guékédou, qui venaient de Macenta et d’ailleurs et qui se retrouvaient à Massadou, malheureusement pris entre les 4 feux. C’était compliqué, mais c’est ce qu’on avait vécu. J’ai encore en mémoire cette image très très pathétique d’une fille qui est venue de Conakry ici et qui est allée voir sa grand-mère à Gueckédou.Elle était sur point de revenir, c’était bientôt l’ouverture des classes, il fallait revenir et la grand-mère l’avait envoyée au marché de Massadou pour l’acheter quelques articles. Parce qu’elle est partie pour voir le paysage, connaître les parents, fort malheureusement elle est partie au marché avec sa grand-mère et le rebelle vient, il braque l’arme sur la fille, sa grand-mère lui dit, non, mieux vaut m’enlever que d’enlever la fille. Le rebelle rétorque en disant toi, toi tu étais gentil avec nous, tu nous as vendu des choses à bon prix et la discussion n’a pas duré, ils ont ouvert le feu sur la fille. Mais comment la grand-mère va rendre compte à sa mère qui est là, qui pense que sa fille est en vacances, bientôt elle va revenir. C’était un dilemme causé ainsi à sa grand-mère qui devrait en souffrir pendant longtemps. Voici donc le massacre de Phamalap et de Mersadou, c’est plein d’émotions, plein de problèmes difficile à expliquer, mais ce sont les réalités que j’avions endurées”, a t-il relaté sur les ondes de Sabari Fm dans l’émission“Comprendre l’actualité »

    Poursuivant, cet ancien dignitaire du régime Conté revient sur les dispositions prises par le gouvernement à l’époque pour faire face cette agression sauvage et barbare.

    “On a entendu assez longtemps pour réagir. L’alerte a été sonnée aussitôt au niveau des garnisons, les renforts ont été demandés, on a mis un comité de crise.Le président m’a chargé de prendre la tête de ce comité de crise au niveau du gouvernement, ce qui a été fait. Nous avons pris nos responsabilités par rapport à la crise, nous  avons analysé. Nous nous sommes dit, où est-ce que ces gens-là peuvent aller, qu’est-ce qu’ils peuvent faire, quelles sont les capacités dont qu’ils ont pour pouvoir nuire à notre armée. Es-tu qu’ils sont-il à même de nous mettre à genoux et quels sont leurs objectifs? Alors ces questions là, on a essayé de les répondre. La réalité était que, nous étions dans une phase de déstabilisation de la sous-région avec la Sierra Leone, avec le Liberia, avec la Côte d’Ivoire, avec le Sénégal. Tous ces pays là étaient en feu, le Sénégal avec la Kasamaze, la Côte d’Ivoire avec la rébellion du nord, le Liberia et la Sierra Leone avec les rebellions. Donc, c’est une déstabilisation qui visait tous les pays du golfe de Guinée. Donc, nous n’étions pas surpris, nous avons vite compris que c’était comme ça et qu’il fallait se défendre. Se défendre ça veut dire qu’il renforcer toute suite l’armée. Il faut mettre en place tout ce qui manquait à l’armée, il faut réunir ces éléments là pour essayer d’endiguer ces gens de notre territoire pour retrouver la paix. Mais, la paix ne sera pas retrouvée aussi facilement, il fallait informer la communauté internationale, il fallait faire une campagne de sensibilisation de la communauté internationale, des africains également pour que l’on sache qu’est-ce qu’il y avait. Moi, entant que président du comité de crise, j’ai réuni l’ensemble des ambassadeurs avec le ministre des Affaires étrangères, nous avons réuni les ambassadeurs en poste en Guinée et nous leur avons expliqué ce dont nous avons été victimes.Nous avons dit que c’était une agression et nous ne pouvons pas tolérer cette agression. Voici les premières mesures qui ont été prises par le gouvernement” a t-il expliqué.

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    Mamadouba Camara

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