Le Conseil National de la Transition, sous le leadership de Dr Dansa Kourouma en collaboration avec Plan-Guinée a organisé ce mercredi, 18 octobre 2023, à l’hémicycle du palais du peuple, une plénière consacrée à la célébration de la journée internationale de la fille.
Pour joindre l’utile à l’agréable, cette plénière de ce jour a été présidée par Mariama Diallo, présidente du parlement des enfants. Objectif est de permettre aux filles de s’exprimer et de s’adapter au rôle de la prise de décision.
Dans son discours de circonstance, Mariam Diallo, présidente du Parlement des enfants a, au nom des filles de Guinée, remercié le président du CNT, Dr Dansa Kourouma pour cette initiative et son engagement sans faille pour la promotion des droits des jeunes filles.
“Permettez-moi, Excellence Monsieur le Président du CNT, de vous adresser, au nom de mes paires, nos sincères remerciements pour avoir accepté de vous engager avec nous dans la promotion des droits des filles en République de Guinée. En acceptant de me prêter votre titre honorifique pendant quelques heures, vous démontrez, une fois de plus que notre pays reste à l’avant-garde de l’émancipation de la fille et de la femme guinéenne”, a t-elle dit.
Poursuivant, Mariama Diallo est revenue sur les difficultés auxquelles les filles sont confrontées.
“Les témoignages des filles révèlent que quasiment chaque moment vécu à la maison, à l’école, dans les transports publics ou les médias sociaux – parce qu’elles sont à la fois jeunes et parce qu’elles sont femmes : non éduquées, non informées, généralement mutilées, mariées avant 18 ans et souvent sans leur consentement. C’est cela la réalité de millions de filles en Afrique. Ces multiples violences et violations de leurs droits sont devenues si normalisées qu’elles sont considérées par beaucoup d’entre elles comme un aspect accepté de leur réalité de femmes. Cela implique d’investir dans des approches éducatives adaptées qui enseignent les compétences de leadership des filles et des jeunes femmes et leur permettent de se mettre en avant pour les rôles de prise de décision, quel que soit le contexte”, a t-elle noté.
Plus loin, la présidente du parlement des enfants demande au gouvernement guinéen de protéger les filles contre toutes formes de les violences.
“Si la Guinée veut profiter positivement du dividende démographique, le gouvernement a une obligation de protéger les filles contre la discrimination sexiste dans les sphères où elle est le plus profondément ancrée, uniquement parce qu’elle s’est avérée si difficile à changer par le passé. C’est en s’attaquant aux causes profondes de l’inégalité que nous serons capables de garantir l’égalité et une justice pour les filles. Enfin, par ma voix, les filles de la Guinée réclament l’engagement des décideurs guinéens dont vous faites partie à mettre fin aux violences basées sur le genre, notamment le viol, le mariage précoce, l’excision, j’en passe, qui nous traumatise, nous use, nous sort des Ecoles et brisent nos opportunités de contribuer pleinement à l’essor de notre beau pays.Nous voulons que les filles et les jeunes de Guinée puissent étudier , prendre des positions de Leadership, décider et s’épanouir pour pouvoir jouer pleinement notre rôle et être enfin la force de la Guinée d’aujourd’hui et de demain”, a t-elle déclaré.
Très satisfait de la prestation de la présidente du parlement des filles, Dr Dansa Kourouma ne cache pas sa joie.
“Je dis tout simplement que le pouvoir précède le vouloir. Quand les jeunes filles sont préparées, c’est-à-dire, éduquer dans les conditions qui favorisent leur épanouissement intellectuel, leur épanouissement moral, tout porte à croire qu’elles peuvent s’assumer et assumer les plus hautes responsabilités du pays. Il n y pas un bon adulte sans être passé par une jeunesse qui vous a permis de vous donner les B A bas de la responsabilité pendant la phase adulte. Donc, nous devons faire de tel sorte que tous les obstacles, les stéréotypes, les éléments de discrimination qui ne favorisent pas la peine évolution de nos enfants et filles doivent être tout simplement abandonné pour les mettre dans un cadre familial, éducatif ou dans un cadre sociétal qui garantit leur plein et parfait épanouissement. Vous avez compris que ce n’est pas une question d’âge, la fille a dirigé cette plénière avec maitrise, avec professionnalisme, avec audace. Ça veut dire que si les enfants sont préparés et que nous leur donnons le cadre qu’il faut, elles peuvent être les dignes et parfaits représentants de notre société. Je souhaite pour ces enfants le meilleur, le meilleur ça veut dire quoi? L’État s’est accompli en créant le cadre d’une éducation qui se déroule selon les règles de l’art, une éducation familiale qui se permet de protéger les enfants contre la violence, discrimination et les ingrédients qui font que ces enfants, ces filles perdre confiance en elles-mêmes. En plus nous devons être fier de l’école guinéenne, elle peut donner, engendrer et former les cadres qui peuvent représenter la nation, le continent et le monde. Tant qu’on a pas confiance à notre système éducatif, notre administration ne sera pas celle que nous voulons. C’est pourquoi, j’en appelle à tous parents et aux responsables du système éducatif de démultiplier ce genre d’exemple pour permettre à nos enfants d’oser et de croire afin de persévérer”
De son côté, la ministre de l’enfance de l’action sociale et des personnes vulnérables, Mme Aicha Nanette Conté a remercié le CNT pour ce geste hautement symbolique.
“Je ne suis pas du tout surprise, parce que le parlement des enfants de Guinée a toujours été à la hauteur de sa mission. Je voudrais remercier vraiment l’instance du CNT en la personne du président mais également tous les membres qui ont vraiment contribué à la réussite de cet évènement. Les filles prennent la parole pour interpeller, elles reconnaissent déjà ce qui a été fait. Mais, elle demande encore qu’on aille plus, aller de l’avant avec le respect des droits de tous les enfants mais de toutes les jeunes filles de façon particulière” a t-elle indiqué.
Mohamed Kamara
