Dans la dynamique de lutter efficacement contre la corruption et la moraliser des comptes publiques, les nouvelles autorités ont mis en place la Cour de Répression des Infraction Économiques Financières(CIERF). Moins d’un mois après son installation, le procureur spécial près de la CIERF a enclenché des poursuites contre contre certaines entités.
Interrogé sur cette actualité par nos confrères de Djoma médias dans l’émission «On refait le monde» de ce lundi, 31 janvier 2022, le président de l’ARENA, Dr Kousseissy Condé salue cette action du procureur spécial près de la CIERF.
Toutefois, il invite les magistrats en charge de ses dossiers d’être impartiaux dans le traitement des dossiers, de respecter la présomption d’innocence des présumés.
“La défense de l’intérêt général, la moralisation de la vie publique, la lutte contre la corruption sont des valeurs auxquelles je suis légitimement attaché. Moi, j’ai servi la république de toute ma vie, je ne suis pas servi. Je n’ai pas de problème avec ça, mon problème est à ailleurs. Mon problème, c’est le droit de l’homme, c’est la présomption d’innocence. Mon problème, c’est que la justice pénale est silencieuse, elle a la délicate mission d’examiner avec exactitude la culpabilité du citoyen auquel elle a à faire. Ce n’est ni dans la précipitation, ni dans l’improvisation, ni dans spectaculaire, on atteint un tel objectif. Je vais vous dire une chose: dans la démocratie, le vote c’est acte politique le plus important, mais le vote divise. À partir du moment où une minorité est battue, vous avez des battus en votre sein. C’est le consensus qui est important. Une loi, une institution n’a de valeur que lorsqu’elle est consensuelle. Alors, ce que je souhaite, c’est qu’on observe la présomption d’innocence, qu’on observe moins de tapage, moins de publicité, qu’on aille à l’examen approfondi de chaque question, parce que je connais un peu notre société. J’ai été dirigeant à plusieurs niveaux de gestion de l’État, je sais jusqu’où la bousculade est facile, jusqu’où on peut glisser dans l’adversité, dans les règlements de compte, dans la liquidation, dans l’exclusion, sans même se rendre compte » a martelé.
Mohamed Camara
