Depuis plus de six (6) mois, la République de Guinée est frappée par des cas d’incendie graves. Après le grave incendie qui a ravagé le principal terminal pétrolier du pays en début d’année, de celui qui a visé les installations d’EDG à Hamdallaye, de celui qui a ciblé le grand marché Madina, le week-end dernier pour ne citer que ceux-ci, c’est le ministère de la culture, du tourisme et de l’artisanat qui a été la cible d’un incendie dans la matinée de ce lundi, 04 mai 2024.
Une montée en puissance des cas d’incendie en Guinée qui inquiète les citoyens de Conakry. Rencontré au grand marché, Mamadou Alpha Diallo, commerçant de son état se dit très préoccupé par ces cas d’incendie qui sont devenus de plus en plus récurrents dans le pays.
“Il n y a pas un jour où vous n’entendez pas un cas d’incendie quelque part dans le pays et puis ça se passe dans les lieux les plus importants. Après le dépôt central du carburant de Coronthie , le grand marché de Madina, aujourd’hui on parle du ministère de la culture. Finalement, les guinéens ont le droit de se poser les questions par rapport à la récurrence de ces cas d’incendie. Est-ce que c’est la faute des techniciens d’EDG? Est-ce que c’est un sabotage ou bien c’est la colère de Dieu qui s’abat sur la population guinéenne? Je me pose ces questions parce que là où nous sommes, on est vraiment inquiète. C’est vrai, il peut y avoir des incendies partout dans le monde, même dans les pays les plus développés, mais Conakry ici, vous avez constaté à moins de six mois, on a enregistré plus 10 incendies graves. C’est vraiment inquiétant. Sincèrement je me pose la question, je ne sais pas est-ce qui ne va pas réellement”, a t-il déclaré invitant l’État guinéen à venir en aide à ses sinistrés.
“Après ces incendies, on dit heureusement, il n y pas eu de perte en vies humaines. D’accord, c’est salutaire, mais ceux qui perdent leurs biens, il faudrait que les autorités leur viennent en aide. Je crois que les bonnes volontés leur viendront en aide à ces personnes qui ont tout perdu”, a t-il souligné.
Abordant dans le sens, Fatoumata Soumah, gérante d’un kiosque Orange Money à Coleah Imprimerie, dénonce la nonchalance des sapeurs-pompiers dans leur intervention.
“Concernant ces incendies là, on n’arrive pas à comprendre. Parce que même la semaine passée, il y a eu un incendie dans notre quartier . La maison d’un voisin a complètement brûlé, on a appelé les soient-disants sapeurs-pompiers, ils ont dit qu’ils n’avaient même pas de carburant à plus forte raison l’eau dans leurs citernes. C’est après que la maison soit complètement brûlée, ils se sont présentés et les enfants les ont jetés des cailloux et finalement c’est la police qui a intervenu en derrière position à coup de gaz lacrymogène. On ne peut rien pour la protection civile sinon c’est leur rôle d’éteindre le feu en cas d’incendie. Mais, on leur appelle, ils disent qu’ils n’ont pas de carburant, maintenant pourquoi ils sont là? L’État doit supprimer ce corps là alors. Ça sera mieux”, a t-elle dénoncé.
De son côté, Mohamed Camara, entrepreneur de son état demande à l’Etat de mener des enquêtes afin de déterminer l’origine de ces incendies.
“Ce que nous sommes entrain de vivre en ce moment, c’est très difficile. Les bandits nous arrachent nos biens à droite, le feu est entrain de nous appauvrir à gauche. Mais, n’endossez pas seulement la responsabilité à l’EDG. Il y a des incendies dans les lieux où il n y a même pas de courant. Tout récemment il y a eu un incendie en Moyenne-Guinée où plus de 14 cases calcinées dans un village. Là-bas ce n’était pas le courant qui était à la base de cet incendie. On dirait c’est une malédiction que Dieu est entrain de punir les guinéens qu’on n’arrive pas à se rendre compte. L’Etat doit ouvrir des enquêtes afin de déterminer les origines de ces incendies, a t-il martelé.
