Présidentielle en Guinée : Abdoulaye Kourouma (RRD) concède sa défaite et félicite Mamadi Doumbouya

​Alors que le pays retient son souffle dans l’attente des chiffres officiels, le paysage politique guinéen enregistre un tournant inattendu. Abdoulaye Kourouma, leader du Rassemblement pour la Renaissance et le Développement (RRD), a pris les devants en reconnaissant publiquement son échec à l’élection présidentielle du 28 décembre.

​Une reconnaissance anticipée

​Fait rare dans le processus électoral, le candidat du RRD n’a pas attendu la proclamation des résultats provisoires par la Direction Générale des Élections (DGE). S’appuyant sur les données collectées par ses propres délégués, il a tranché : le scrutin est déjà joué.

​« Après la compilation de plus de 80 % des résultats remontés par nos représentants dans les bureaux de vote et les Commissions Administratives de Centralisation des Votes (CACV), le RRD reconnaît sa défaite », a-t-il déclaré avec pragmatisme.

 

​Mamadi Doumbouya vainqueur par K.O. ?

​Plus surprenant encore, Abdoulaye Kourouma ne se contente pas d’admettre son revers. Il a d’ores et déjà désigné le vainqueur de cette joute électorale : le candidat de la GMD. Selon lui, Mamadi Doumbouya remporterait l’élection dès le premier tour.

​Cette annonce interpelle les observateurs, car selon le Code électoral guinéen, seules les institutions compétentes (la DGE et le MATD) ont la prérogative légale de proclamer un vainqueur. En anticipant ainsi le verdict des urnes, le leader du RRD court-circuite le calendrier institutionnel, tout en envoyant un signal fort de décrispation.

​Un appel au calme et à l’unité nationale

​Au-delà des chiffres, Abdoulaye Kourouma a conclu son intervention sur une note de stabilité. Il exhorte ses partisans et l’ensemble de la population à tourner la page de la confrontation électorale pour se concentrer sur l’avenir du pays.

  • Priorité à la paix : Le candidat a insisté sur la nécessité de préserver la quiétude sociale.
  • Appel au service : Il invite les Guinéens à se mettre « au service de l’État » pour favoriser le développement national.

​Cette sortie, bien qu’en dehors du cadre légal strict, pourrait jouer un rôle déterminant dans l’apaisement du climat politique post-électoral en Guinée.