Aminata Camara quitte la tête de l’AGEPI: «Je pars avec la certitude d’avoir fait de mon mieux»

​Ce vendredi 16 janvier 2026, l’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante (AGEPI) a tenu son congrès électif à Conakry. Marquant la fin de son mandat, la présidente sortante, Aminata Camara, a livré un discours d’adieu empreint d’émotion, dressant le bilan d’une présidence exercée sous le signe de la résilience.

​C’est une page qui se tourne pour l’AGEPI. Devant un parterre de personnalités, dont le représentant de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Amadou Touré et le directeur de la Maison de la Presse,  Aminata Camara a officiellement passé le témoin. Celle qui n’est pas candidate à sa propre succession a profité de cette tribune pour revenir sur trois années de gestion tumultueuses mais, selon elle, salvatrices pour l’organisation
​Une présidence face aux tempêtes
​Lorsqu’elle prend les rênes de l’association en 2022, Aminata Camara hérite d’une institution au bord du gouffre. « L’AGEPI traversait une crise profonde : crise de confiance, fragilité organisationnelle, divisions internes et absence de moyens financiers », a-t-elle rappelé. Face au doute qui planait sur la survie même de l’association, elle a confessé avoir choisi de « tenir », malgré les critiques et parfois la solitude du pouvoir.
​Le bilan qu’elle dresse est celui d’une résistance active. Malgré l’érosion des cotisations et une crise économique frappant de plein fouet les médias, la présidente sortante s’est félicitée d’avoir maintenu l’essentiel : la formation continue, le renforcement des capacités et la solidarité professionnelle.
​Transparence et intégrité : les piliers du mandat
​L’un des points forts de son allocution a été la défense de sa gestion financière. Dans un contexte de ressources limitées, Aminata Camara a tenu à rassurer ses pairs sur l’utilisation des fonds de l’association.
​« Chaque franc a été géré avec responsabilité, transparence et honnêteté. Il n’y a eu ni opacité, ni gestion personnelle, ni compromis avec l’éthique », a-t-elle affirmé avec fermeté.
​Un appel vibrant à l’unité
​Au-delà du bilan comptable, Aminata Camara quitte son poste avec un message d’espoir et une mise en garde pour ses successeurs. Pour elle, la survie de l’AGEPI dépendra de la capacité des éditeurs à faire passer l’intérêt collectif avant les ambitions personnelles.
​« L’AGP a besoin que les intérêts personnels s’effacent devant les intérêts collectifs. Cette association ne sera forte que si nous acceptons de nous retrouver et de nous réconcilier », a-t-elle plaidé, avant de remercier ceux qui sont restés fidèles au poste malgré les « tempêtes ».
Un départ « sans regret »
​C’est avec la satisfaction du devoir accompli que la première responsable de l’AGEPI quitte ses fonctions. « Je pars avec la certitude d’avoir fait de mon mieux dans un contexte difficile pour préserver l’essentiel », a-t-elle conclu, sous les applaudissements de l’assemblée.
​Alors que le congrès se poursuit pour désigner la nouvelle équipe dirigeante, le discours d’Aminata Camara restera comme le témoignage d’un leadership exercé dans l’adversité, laissant derrière elle une association qui, bien que convalescente, est bel et bien debout.
Camara Decoster