Guinée : Un bouclier tarifaire instauré pour le Ramadan et le Carême

​À l’approche des fêtes religieuses, moment de forte consommation, l’État guinéen et la Chambre de Commerce (CCIAG) frappent un grand coup contre la vie chère. Un protocole d’accord, signé ce 17 janvier 2026, verrouille désormais les prix des produits de première nécessité jusqu’au 30 juin prochain.

​Un pacte contre l’inflation

​Ce texte n’est pas une décision unilatérale, mais le fruit d’une concertation entre la Direction des Douanes, la Direction du Commerce Intérieur et les opérateurs économiques. L’objectif est clair : instaurer des prix plafonds pour protéger le pouvoir d’achat des Guinéens, tout en tenant compte de la réalité des coûts des importateurs.

​« Nous avons analysé la structure des charges pour trouver un équilibre. Ces prix sont des maximums à ne jamais dépasser, mais les commerçants restent libres de vendre moins cher », précise Mohamed Traoré, Directeur national du commerce intérieur.

 

​Les produits sous surveillance

​La réglementation cible neuf catégories de denrées stratégiques :

  • Riz : Importé étuvé (5% brisures) et riz blanc (25% brisures) en sacs de 50 kg.
  • Base alimentaire : Sucre (50 kg), farine (50 kg) et oignons (25 kg).
  • Liquides : Huile CIAO (20 litres).
  • Protéines & Divers : Lait en poudre (25 kg), poulet entier et cuisses de poulet (cartons de 10 kg).

​Tolérance zéro : « 100 francs de trop, c’est une infraction »

​L’État affiche une fermeté inédite. Pour faire respecter cet accord, les autorités comptent sur la vigilance citoyenne.

  • Signalement : Un numéro vert, le 142, est mis à disposition pour dénoncer tout dépassement, même minime.
  • Sanctions : Tout contrevenant s’expose à des mesures sévères, la première étape étant la fermeture immédiate du magasin.

​Une application nationale

​Pour garantir l’efficacité de la mesure, la CCIAG déploie un dispositif de communication sur tout le territoire. Elhadj Mamadou Baldé, président de la Chambre, a souligné que des contreparties ont été accordées aux commerçants pour faciliter ce gel des prix, notamment la suppression des surestaries pendant trois mois et la libre circulation des camions de marchandises 24h/24.

​Des antennes préfectorales aux radios locales, l’information sera relayée partout en Guinée pour s’assurer qu’aucun consommateur, de Conakry à l’arrière-pays, ne soit victime de spéculation.