Régulation numérique : L’ARPT lance une offensive contre les « Wi-Fi Zones » clandestines en Guinée

Le secteur des télécommunications en Guinée entre dans une phase de rigueur. Dans une directive fermée publiée ce lundi 30 mars 2026, l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT) a annoncé une traque sans précédent contre les fournisseurs d’accès informels. Le message est sans équivoque : l’ère de l’exploitation sauvage des « Wi-Fi zones » est révolue.

​Un rappel à l’ordre juridique

​L’autorité de régulation s’appuie sur la Loi L/2015/018 pour justifier cette reprise en main. Le texte stipule que toute activité liée à l’installation ou à la revente de services de télécommunications nécessite impérativement une licence d’État.

​À ce jour, seuls deux types d’acteurs sont légalement habilités à distribuer de la connectivité :

    1. Les Opérateurs Mobiles (détenteurs de licences globales).
    2. Les Fournisseurs d’Accès Internet (FAI) dûment enregistrés et agréés.

​« Toute personne physique ou morale exploitant illégalement une « Wi-Fi zone » doit cesser ses activités immédiatement et sans délai », prévient le régulateur.

 

​Les trois piliers de cette interdiction

​L’ARPT justifie cette fermeté par des impératifs qui dépassent la simple question administrative :

      • Sécurité et Protection des Données : Ces réseaux artisanaux ne répondent à aucune norme de cybersécurité. Les utilisateurs s’exposent au vol de données sensibles, telles que les identifiants bancaires ou les mots de passe.
      • Stabilité du Réseau National : Les installations pirates génèrent des interférences radioélectriques qui nuisent à la qualité globale de la connexion pour les abonnés aux services officiels.
      • Contrôle Étatique : Ce marché gris échappe totalement à la fiscalité et à la supervision technique, affaiblissant la souveraineté numérique du pays.

​Fin de la tolérance : Sanctions dès aujourd’hui

​Le temps de la pédagogie semble révolu. La Direction Générale de l’ARPT a confirmé que des opérations de démantèlement et des sanctions sévères seront appliquées à compter de ce jour pour tout manquement constaté.

​Les revendeurs de connexion « à la sauvette » sont placés devant un choix simple : déconnecter leurs équipements ou s’exposer à des poursuites judiciaires. Quant aux abonnés de ces services informels, l’ARPT les appelle à la plus grande vigilance, rappelant que ces réseaux peuvent être coupés à tout moment sans préavis.