Après une période de tensions marquée par l’arrêt des activités de Guinea Alumina Corporation (GAC), un dénouement majeur vient d’être annoncé. Un accord amiable a été trouvé entre l’État guinéen et le groupe Emirates Global Aluminium (EGA), ouvrant la voie à une restructuration stratégique des actifs miniers dans la région de Sangarédi.
Un règlement sous médiation internationale
C’est l’aboutissement d’un processus de négociation rigoureux. Sous l’égide du Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris, la République de Guinée — représentée par le ministère des Mines et de la Géologie ainsi que celui de l’Économie, des Finances et du Budget — est parvenue à un compromis définitif avec les sociétés GAC et EGA.
Cet accord met un terme aux différends nés de la cessation des activités de GAC sur le sol guinéen et des ruptures d’approvisionnement en bauxite qui en avaient découlé pour le géant émirati EGA.
Le périmètre de cet accord englobe également les contentieux liés à la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), apaisant ainsi un front judiciaire et commercial qui pesait sur le secteur.
Le transfert des actifs vers Nimba Mining Company (NMC)
Le cœur de cet arrangement repose sur une réorganisation structurelle de l’exploitation à Sangarédi. Les termes prévoient :
Le rachat des actifs : L’État guinéen versera un montant forfaitaire à GAC.
Le transfert opérationnel : En contrepartie, les actifs de GAC sont transférés à la Nimba Mining Company (NMC), qui reprendra l’exploitation du projet bauxitique.
Sécurité des approvisionnements : Le groupe EGA ne quitte pas totalement l’échiquier guinéen, puisque les accords d’approvisionnement avec la CBG sont reconduits sur des bases commerciales « mutuellement avantageuses ».
L’empreinte du « Simandou 2040 »
Ce dénouement ne doit rien au hasard. Le communiqué précise que l’accord a été placé sous les orientations du Comité Stratégique de Simandou. Cette précision souligne la volonté des autorités de transition d’harmoniser l’ensemble des projets miniers nationaux selon une vision globale de souveraineté et de cohérence infrastructurelle.
En privilégiant la voie amiable, la Guinée envoie un signal fort aux investisseurs internationaux : celui d’un partenaire capable de résoudre des crises complexes tout en protégeant ses intérêts stratégiques. Pour le secteur minier guinéen, cette normalisation avec EGA et l’entrée en scène de NMC marquent une nouvelle étape dans la valorisation du corridor minier nord du pays.
L’entrée en vigueur effective de cet accord reste désormais suspendue à la levée de certaines conditions suspensives habituelles dans ce type de transactions internationales.