Législatives du 31 mai en Guinée : Le Mouvement syndical fait bloc derrière l’UMP et la GMD

​Conakry, le 26 mai 2026 – À seulement cinq jours du double scrutin crucial du 31 mai, la Bourse du Travail de Conakry a été le théâtre d’un événement politique sans précédent ce mardi. Dans une ambiance électrique et une mobilisation des grands jours, le Mouvement syndical guinéen a officiellement et unanimement scellé son soutien à l’Union pour la Majorité Présidentielle (UMP), parti allié de la Génération Mamadi Doumbouya (GMD).

​C’est la toute première fois dans l’histoire contemporaine du pays que les centrales syndicales rompent leur traditionnelle réserve pour porter à bout de bras une coalition politique, transformant ce meeting en un véritable tournant historique.
​Le choix de la raison et de la continuité sociale
​Ouvrant le bal des allocutions, le camarade Elhadj Ahmadou DIALLO, Coordinateur du Mouvement syndical guinéen, a rappelé avec gravité la responsabilité historique des travailleurs à l’aube de ce scrutin. Loin d’être un alignement aveugle, ce soutien est présenté comme un acte de reconnaissance envers les réformes menées sous la Transition.
​« C’est un insigne honneur et un sens aigu de notre responsabilité historique que je prends la parole ce jour au nom de l’ensemble des Organisations syndicales sœurs ici réunies. À la veille des élections législatives cruciales du 31 Mai prochain, notre Nation s’apprête à franchir une étape décisive vers la consolidation de ses institutions. (…) L’ensemble du Mouvement Syndical Guinéen a choisi d’apporter de manière solennelle et unanime, son soutien indéfectible aux candidats de GMD, représentés ici par notre frère et ami, Docteur Dansa Kourouma.», a t-il indiqué.
​Expliquant les motivations profondes de cette alliance inédite, le leader syndical a salué la posture d’écoute de l’ancien Président du Conseil National de la Transition (CNT) :
​« Ce choix n’est pas un choix de circonstance, c’est un choix de raison et de reconnaissance. En effet, sous la direction éclairée du Président du CNT, l’organe législatif de la Transition a su rester à l’écoute constante du Monde du travail et des populations en général de notre pays. (…) Soutenir le président du CNT et son équipe à l’approche de ce scrutin historique du 31 Mai, c’est voter pour la continuité de la stabilité ; c’est garantir que la future Assemblée Nationale capitalisera sur les acquis de la Transition pour bâtir des lois qui ressemblent aux guinéens et qui rassemblent les guinéens. », a t-il souligné.
​« Une nouvelle ère politique » : Le compromis plutôt que l’affrontement
​Prenant la parole sous les ovations de la foule, Boubacar Sidighi Diallo, président de l’UMP, n’a pas caché sa gratitude face à cette main tendue du monde ouvrier. Pour lui, cet événement redéfinit les codes de la politique guinéenne.
​« Nous sommes plus que heureux d’être avec vous. (…) C’est la première fois que le mouvement syndical invite un parti politique pour lui témoigner son soutien et donc pour ça, nous avons un sentiment de gratitude et de reconnaissance envers cette responsabilité hautement exprimée. Aujourd’hui, nous sommes dans une nouvelle ère politique, celle qui nous conduit au compromis et celle qui nous conduit à nous donner les mains pour travailler tous ensemble. », a t-il déclaré.
​Réfutant l’idée d’une politique stérile basée sur le conflit, il a mis en avant la convergence des luttes pour le bien-être des citoyens et a salué la vision unificatrice impulsée par le Chef de l’État :
​« Vous venez de témoigner votre reconnaissance au travail louable du CNT à travers le magistère de Dr Dansa Kourouma et son équipe. Vous avez vu, à un moment, on pensait que la politique était différente du syndicat (…) mais tout se tient en un mot. Si chacun fait son travail, tous parlent de la même voix et on va tous manger dans le même bol. (…) La politique n’est pas faite d’injures et de manifestations, elle est faite de réflexion pour une construction. Et le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, nous a tous réunis pour qu’on fasse cela. », a t-il rappelé.
​L’émotion et les promesses fermes du Dr Dansa Kourouma
​Le point d’orgue de ce meeting fut sans conteste le discours du Dr Dansa Kourouma, l’une des têtes d’affiche de cette dynamique. Visiblement ému de se retrouver dans ce temple historique de la contestation sociale, il a tenu à rendre un hommage vibrant aux figures syndicales disparues qui ont forgé son parcours, notamment Hadja Rabiatou Serra Diallo.
​« Vous dire une fois encore, je ne peux pas avancer dans ce discours parce que vous constatez en moi combien est grande l’émotion d’être invité dans cette salle où les libertés les plus difficiles à conquérir ont été conquises, où les droits qui garantissent le travail décent (…) ont été implémentés, réfléchis, défendus. (…) J’ai été formé dans cette salle, j’ai été formé à l’intérieur de ce temple, le temple de la contradiction constructive. », a t-il affirmé.
​Plassant cette rencontre sous le signe de la bénédiction en ce jour hautement symbolique d’Arafat, le Dr Dansa Kourouma a pris des engagements solennels face aux travailleurs pour la future législature. L’assurance que chaque texte de loi sera passé au peigne fin pour garantir la justice sociale et la répartition équitable des richesses du pays.
​« Ce que je peux vous garantir, mon collègue Boubacar Sidighi et moi et tous les membres de l’UMP, une fois à l’Assemblée nationale, les lois sociales, toutes les lois qui doivent être votées à l’Assemblée nationale doivent être sensibles aux conditions sociales de travail. Que ça touche l’environnement, nous utiliserons le microscope électronique pour regarder si les conditions meilleures de travail sont garanties. Le contenu local, le contenu national, doit être garanti. (…) Nous veillerons à ce que le profit soit réparti équitablement entre toutes les couches de la population. », a t-il promis
​Concluant sous des tonnerres d’applaudissements et des slogans appelant à la ratification des conventions protectrices des travailleurs, le leader a rappelé la portée sociale du salaire en Guinée :
​« Quand vous faites les lois favorables aux travailleurs, c’est l’indicateur le plus important de la justice sociale. Parce que le travailleur, il ne travaille pas pour lui seulement (…) Quand tu prends un enseignant, au bas mot, il y a 30 à 50 personnes qui vivent de son salaire. »
En réussissant à faire de la Bourse du Travail le cœur battant de sa campagne pour les législatives du 31 mai, le bloc UMP-GMD s’offre un précieux allié stratégique. À quelques jours du vote, cette union sacrée entre les forces syndicales et la dynamique présidentielle du Général Mamadi Doumbouya envoie un signal fort : celui d’une volonté commune de bâtir l’avenir de la Guinée dans la stabilité, le dialogue et le progrès social.
Camara