Le feuilleton judiciaire de l’ancien chef du gouvernement guinéen a pris un tournant décisif. Ce jeudi 2 juillet 2026, la Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rendu son verdict dans le procès d’Ibrahima Kassory Fofana, marquant une infirmation partielle de sa condamnation prononcée en première instance le 27 février 2025.
Relaxe partielle mais lourde condamnation pour enrichissement illicite
L’ancien Premier ministre s’en sort blanchi sur un volet important du dossier. La Cour l’a déclaré non coupable de l’infraction de « détournement de deniers publics », qui portait sur une somme de 15 milliards de francs guinéens (GNF). Les juges ont motivé cette décision en soulignant que le prévenu n’avait pas le statut d’ordonnateur au sein de la Mission d’appui à la mobilisation des ressources intérieures (MAMARI).
La clémence s’arrête là. Ibrahima Kassory Fofana a en revanche été reconnu coupable des chefs d’« enrichissement illicite » et de « blanchiment de capitaux ». Pour ces délits, la juridiction d’appel l’a condamné à une peine de 3 ans et 9 mois d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende pénale de 2 milliards de GNF.
Facture salée et saisie des biens
Sur le plan civil, la Cour a validé la constitution de partie civile de l’État guinéen. L’ex-numéro un du gouvernement devra verser 3 milliards de GNF à la puissance publique en guise de réparation pour l’ensemble des préjudices subis. Au total, la note s’élève donc à 5 milliards de francs guinéens pour le condamné.
Concernant ses biens matériels et financiers déjà placés sous main de justice, la Cour a ordonné que leur gestion et leur recouvrement soient officiellement confiés à l’AGRASC (Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués).
L’épilogue de ce procès de haut vol a été accueilli positivement par l’ensemble des parties prenantes, qui ont salué l’équilibre et le sens de l’humanisme dont a fait preuve la Chambre des appels dans son arbitrage.
