Conakry, le 4 juillet 2026 – Le paysage politique guinéen franchit un cap décisif. Ce samedi soir, à l’occasion d’une allocution solennelle retransmise en direct à la télévision nationale, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), Ibrahima Kalil Condé, a proclamé de manière officielle le dénouement de la période de transition initiée le 5 septembre 2021.
Cette annonce majeure couronne le déploiement et le vote des nouveaux exécutifs communaux aux quatre coins de la République. Si le chef du département a salué ce jalon démocratique, il a également profité de l’occasion pour adresser un avertissement sans détours aux nouveaux élus face aux exigences de leur mandat.
Une assise démocratique consolidée sur tout le territoire
Pour ouvrir son intervention, le ministre a mis en avant les indicateurs de cette dynamique électorale, se réjouissant de l’inclusivité et de la forte présence de la diversité sociopolitique au cœur des mairies :
»Ce processus a permis l’installation de 11 753 conseillers communaux, comprenant majoritairement des femmes et des jeunes, et l’élection de 375 maires et 1 149 vice-maires sur toute l’étendue du territoire national. Notre pays met définitivement fin aux missions transitoires dévolues aux délégations spéciales »
Ce basculement institutionnel consacre le retour d’un pouvoir local issu du suffrage, pensé pour resserrer les liens entre les administrés et l’État.
Gestion locale : Le spectre des délégations spéciales plane toujours
Bien que le rétablissement de l’ordre constitutionnel redonne la priorité absolue à la légitimité des urnes, le patron du MATD a fermement rappelé que la rigueur républicaine et le contrôle de légalité ne faibliraient pas. En clair : le recours aux délégations spéciales reste une option juridique sur la table en cas de dérapage.
Le ministre s’est voulu parfaitement explicite :
»Toutefois, il est important de rappeler que si la normalisation démocratique réaffirme la primauté des élus, le recours à la pratique des délégations spéciales demeure un instrument légal de normalisation, de régulation, et de sauvegarde de l’intérêt général prévu par le code révisé des collectivités locales »
L’exécutif avertit qu’il se montrera intransigeant face aux dérives administratives ou financières qui pourraient impacter le quotidien des citoyens :
»Le gouvernement n’hésitera pas à faire usage de cette prérogative républicaine pour pallier d’éventuelles défaillances de gestion, restaurer l’ordre budgétaire ou remédier à l’inconduite notoire d’élus locaux, garantissant ainsi que le service public de proximité ne soit jamais interrompu. Cette nouvelle gouvernance locale s’inscrit en parfaite adéquation avec le contenu de la lettre de politique nationale de décentralisation et de développement local »
Priorité à l’action : Un appel à l’union sacrée pour le développement
En guise de conclusion, Ibrahima Kalil Condé a invité la nouvelle classe dirigeante locale à tourner la page des rivalités électorales et des tensions partisanes. Pour le gouvernement, la priorité absolue doit désormais être accordée aux chantiers socio-économiques.
»Le ministère adresse ses chaleureuses félicitations à l’ensemble des maires, vice-maires et conseillers communaux installés. L’heure n’est plus à la compétition partisane, elle est au rassemblement des compétences, à la réconciliation des esprits et au travail constructif au service de nos concitoyens »
Le signal envoyé par le MATD ne souffre aucune ambiguïté : si l’autonomie locale renaît, elle s’accompagne d’un devoir impératif de résultats, d’intégrité et de reddition de comptes. Les nouveaux visages des communes guinéennes sont prévenus.
CAMARA
