Conakry, le 11 août 2026 – Les promesses d’enrichissement rapide sur internet ont de nouveau fini par faire réagir l’autorité monétaire du pays. Face à la prolifération des plateformes mirobolantes et des sollicitations financières suspectes sur les réseaux sociaux, la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) a tapé du poing sur la table dans un communiqué officiel publié ce 6 août. L’institution tire la sonnette d’alarme et met en garde les épargnants contre des « schémas d’escroquerie financière » à haut risque.
Une mise au point ferme sur la légalité
Rappelant le cadre réglementaire en vigueur, la BCRG remet les pendules à l’heure concernant le statut des crypto-monnaies en Guinée. L’institution insiste sur le fait que le Franc Guinéen demeure la seule référence monétaire reconnue sur le territoire national :
« Conformément aux dispositions de la Loi portant Statuts de la BCRG, le Franc Guinéen (GNF) est la seule monnaie ayant cours légal et pouvoir libératoire sur l’ensemble du territoire de la République de Guinée. Les crypto-actifs (Bitcoin, monnaies virtuelles) ne constituent pas une monnaie légale. Ils ne sont ni régulés, ni garantis par la Banque Centrale ou par une quelconque autorité publique. »
L’autorité monétaire précise n’avoir accordé aucun droit d’exercice aux acteurs opérant dans ce secteur interactif et volatile.
« La BCRG n’a délivré aucun agrément ni autorisation à des entités, entreprises ou individus exerçant des activités de collecte de fonds publics, de placement, de négoce ou d’investissement en crypto-monnaies en Guinée. Toute entité exerçant de telles activités opère dans l’illégalité absolue… »
Le piège de la pyramide de Ponzi démasqué
Au-delà du simple manque de régulation, la Banque Centrale dénonce la mécanique sous-jacente de ces offres qui promettent des rendements miraculeux. Selon l’institution, le public est confronté à des montages financiers frauduleux bien connus :
« Ces mécanismes d’investissement comportent toutes les caractéristiques d’escroqueries financières de type pyramidal (systèmes de Ponzi), où les gains des premiers souscripteurs sont payés par les apports des suivants jusqu’à l’effondrement inévitable du système, entraînant la perte totale des économies engagées. »
Consignes de prudence et traque des fraudeurs
Pour éviter aux citoyens de voir leurs économies s’envoler, la BCRG appelle à un sursaut de vigilance. Elle recommande instamment de :
S’abstenir strictement de verser des fonds ou de participer à des schémas d’investissement non agréés ;
Vérifier systématiquement la qualité d’établissement agréé par la BCRG avant d’effectuer toute opération de placement ou de souscription ;
Signaler aux autorités compétentes toute sollicitation ou tentative de collecte de fonds suspecte.
La réponse ne sera pas que préventive, elle sera aussi opérationnelle. Les acteurs des technologies financières et du Mobile Money sont désormais mis à contribution pour couper l’herbe sous le pied des escrocs.
« La Banque Centrale rappelle que les Établissements de Monnaie Électronique (EME) et les Prestataires de Services de Paiement (PSP) ont reçu des instructions fermes afin d’identifier, de bloquer et de signaler tout compte de paiement ou portefeuille électronique utilisé à des fins d’escroquerie financière. »
En réaffirmant sa volonté de « protéger les épargnants, veiller à la sécurité des systèmes de paiement et préserver la stabilité du secteur financier national », la BCRG rappelle que la prudence reste la meilleure arme contre le miroir aux alouettes de la finance virtuelle.
