Nouveau bras de fer entre Conakry et les médias internationaux. Dans une décision rendue publique ce mercredi 16 septembre 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a officiellement rappelé à l’ordre la chaîne France 24. Signé par le président de l’institution, Boubacar Yacine Diallo, ce texte vise directement le journal télévisé diffusé par la chaîne française la veille.
L’instance de régulation s’insurge contre la terminologie employée pour désigner le chef de l’État. Elle reproche à la rédaction d’avoir « délibérément utilisé un qualificatif inapproprié pour désigner le Chef de l’État, Mamadi Doumbouya, Président de la République », tout en ayant « sciemment choisi d’ignorer la légitimité issue des urnes en employant un tel qualificatif à l’encontre d’un Président de la République démocratiquement élu ». Le régulateur insiste au passage sur le cadre constitutionnel actuel, rappelant la victoire de Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 et sa prise de fonction le 17 janvier dernier.
Pour l’autorité guinéenne, cet angle journalistique traduit un « manquement grave à l’obligation d’exactitude, d’impartialité et d’équilibre du traitement de l’information », caractérisant une « atteinte flagrante à l’honneur des institutions républicaines et à la dignité du Chef de l’État guinéen ».
Sur le plan juridique, la HAC estime que le canal d’information « viole manifestement les dispositions de la Constitution et de la Loi organique sur la liberté de la presse réprimant l’outrage envers les autorités publiques ». Le document souligne avec fermeté que le média « ne saurait instrumentaliser l’exercice de la liberté de la presse et le droit à l’information pour mener une campagne de dénigrement, ni pour contester ouvertement la souveraineté électorale du peuple de Guinée ».
Les injonctions de l’organe de régulation
Face à ce qu’elle qualifie de dérive, la HAC formule plusieurs exigences précises à l’endroit de la direction de France 24 :
Cessation immédiate : La chaîne est « formellement mise en demeure de cesser sans délai l’utilisation de termes inappropriés, dégradants et attentatoires à la dignité des institutions guinéennes ».
Nettoyage numérique : Le régulateur demande à ce que les responsables soient « invités à opérer les rectifications éditoriales nécessaires sur l’ensemble de ses canaux numériques ».
Menace de mesures coercitives : L’institution prévient qu’« en cas de non-respect de cette mise en demeure ou de récidive, la Haute Autorité de la Communication se réserve le droit de prononcer des sanctions prévues par la loi à l’encontre du média contrevenant ».
