Une page de l’histoire politique contemporaine de la Guinée se tourne. L’ancien Premier ministre et président de l’Union des forces républicaines (UFR), Sidya Touré, s’est éteint ce samedi 26 septembre 2026 à Paris, à l’âge de 81 ans.
Un technocrate au sommet de l’État
Né en 1945 à Dimbokro, en Côte d’Ivoire, cet inspecteur du Trésor de formation effectue une première partie de sa carrière au sein de l’administration ivoirienne, où il affine son expertise économique et financière. Son retour au premier plan en Guinée se concrétise le 9 juillet 1996, date à laquelle le président Lansana Conté le nomme au poste de Premier ministre.
Pendant trois ans, jusqu’en 1999, Sidya Touré insuffle un style technocratique à la Primature, menant des réformes économiques et administratives d’envergure qui marqueront durablement la gestion publique du pays.
Ténor de l’opposition et acteur clé de la vie nationale
Après son passage à la tête du gouvernement, il opère un virage politique décisif. En 2000, il prend les réne de l’UFR, transformant le parti en une force incontournable de l’échiquier national. Figure de proue de l’opposition, il se présente à l’élection présidentielle de 2010, où il crée la surprise en se hissant à la troisième place du premier tour avec près de 16 % des voix.
Son parcours est également marqué par un pragmatisme politique : en 2016, il accepte les fonctions de Haut représentant du chef de l’État, poste dont il démissionne en 2018. Tout au long de ses trois décennies d’engagement, Sidya Touré est resté une voix influente sur les questions de gouvernance, de démocratie et de réformes institutionnelles, jusqu’à la dissolution récente de sa formation politique en 2026.
La nation guinéenne perd un homme d’État d’expérience dont les visions et le parcours auront façonné le paysage politique guinéen. Les modalités relatives à ses obsèques et au rapatriement de sa dépouille seront précisées prochainement par ses proches et sa famille.
