CONAKRY — L’administration pénitentiaire guinéenne face à un manquement déontologique flagrant. Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a pris d’importantes mesures disciplinaires à l’encontre d’un agent accusé d’avoir détourné un camion d’extraction judiciaire à des fins privées pour transporter des civils. Révélée dans un communiqué officiel publié le mardi 13 octobre et signé par le Garde des Sceaux, Ibrahima II TOUNKARA, l’affaire remonte au dimanche 11 octobre 2026.
Quand la navette des prévenus devient un véhicule de transport de passagers
L’incident s’est déroulé dans le cadre d’une opération de transfèrement de prévenus devant comparaître le lundi 12 octobre devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), depuis la Maison d’arrêt et de correction de Coyah.
Responsable de la conduite du convoi, le brigadier Mamady OULARE a profité du trajet aller pour embarquer des passagers civils à bord du véhicule officiel, en violation directe des protocoles de sécurité pénitentiaire. Un usage privé et non autorisé d’un équipement stratégique destiné au transport sécurisé des détenus qui constitue, d’après la chancellerie, une faute professionnelle grave de nature à compromettre la mission et l’image de la justice.
Suspension immédiate et menaces de poursuites pénales
Face à cet écart de conduite, le département de la Justice dirigé par Ibrahima II TOUNKARA a réagi fermement en annonçant une série de sanctions :
- Suspension à titre conservatoire : Le brigadier Mamady OULARE est immédiatement démis de ses fonctions dans l’attente des conclusions de l’enquête.
- Procédure disciplinaire engageante : Une instruction interne est ouverte pour qualifier précisément les faits, sans écarter la possibilité de poursuites judiciaires sur le plan pénal.
- Verrouillage des procédures : Un renforcement strict des contrôles sur les convois et transferts de détenus va être déployé sur l’ensemble du territoire pour éviter tout récidive.
Un rappel à l’ordre pour l’ensemble des services pénitentiaires
À travers cette sanction exemplaire, le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme entend envoyer un message clair à l’ensemble du personnel : la rigueur, le respect des procédures administratives et la sécurité doivent primer en toutes circonstances.
Cette décision réaffirme la volonté de l’administration judiciaire de préserver l’intégrité de ses services et de garantir l’utilisation strictement conforme des moyens logistiques mis à sa disposition pour la sécurité de tous.
