L’Afrique de l’Ouest renoue avec les vieux démons des coups d’État militaires.Après le cas du Mali, de la Guinée, le président Burkinabé, Rhoc Marc Christian Kaboré vient d’être renversé le 24 dernier par son armée.
Cette montée en puissance des coup d’État militaires sur le continent inquiète plusieurs observateurs de la scène politique Africaine qui craignent que ce phénomène pourrait constituer une menace sérieuse pour les démocraties Africaines.
S’exprimant sur cette actualité chez nos confrères de la radio Fim Fim de ce mercredi, 26 janvier 2022, le Directeur Exécutif d’Africa Crisis Group,président de l’ARENA, Dr Kousseissy Condé reconnaît que de sérieuses menaces pèsent sur les démocraties Africaine avec les coups d’État en cascade. Cependant, il écarte toute idée de contagion de ce phénomène sur le continent.
“Oui il y a effectivement une menace. Mais qu’est qu’il y a menace de contagion?Non. Les conflits sont uniques,les crises sont uniques, c’est vrai qu’ils se ressemblent. Un coup d’État est un coup d’État et le coup d’État est une action politique. Le coup d’État est une manifestation la plus violente de la contestation politique. Donc, on ne peut pas dire qu’un président qui a été élu et qui a été renversé par des militaires et que les populations ont accompagné ou soutenu n’a rien voir avec la politique. Mais ceci dit, le cas Burkina est différent du cas Malien ,le cas Malien est différent du cas Guinéen. Et je vais vous dire en deux mots: dans le contexte Malien,ce sont les conflits internes au Mali. Donc, LASAWAD, les TOUAREG, le reste du Mali et les Djihadistes au Nord Mali qui se sont greffés à ce conflit inter-Maliens pour en faire une véritable cause déstabilisation de la société Malienne. Nous connaissons le reste. En 2016 l’opération Serval déclenchée par la France a juste permis d’empêcher l’avancée des djihadistes sur la capitale.A ce qui concerne le Burkina, le vendredi 21 janvier, la délégation d’Africa Crisis Group a été reçue par le président Marc. Cette délégation l’a signalée son impuissance à face à ces appels à l’Occident, aux pays Européens pour l’aider à faire face à l’avancée terroristes. Donc, le peuple Burkinabé a soutenu le président Marc Kaboré. Mais, c’est en 14 novembre précisément, lors de l’attaque de la gendarmerie de Taniya avec les 53 militaires et gendarmes égorgés et les conditions dans lesquelles les militaires vivaient. Ils n’avaient pas d’approvisionnement, ils manquaient de renfort humain, ils manquaient même d’armement. Ces militaires ont été filmés entrain de chasser les gibiers en brousse pour se nourrir et ça, ça choqué les populations Burkinabé, sans compter que la zone qu’on appelle la zone des 3 frontières. Donc,le Mali, le Burkina et le Niger jusqu’à Djori n’est plus sous le contrôle l’Etat Burkinabé depuis très longtemps. Le président Marc et le gouvernement n’ont pas eu le courage de dire son impuissance. Alors les populations à partir de novembre, constatant manifestement la faiblesse des forces d’armée et la fragilité des institutions Étatiques et le manque de réponse du gouvernement, ont commencé les manifestations et les attaques dans les camps ont fait le reste. Les militaires me semble-t-il se sont dits, nous devons prendre nos responsabilités parce que le pays est au bord de la faillite, le gouvernement ne peut pas apporter de réponse et puis la communauté internationale ne fait pas de réponse. Et ce qui est nouveau dans ces trois cas et qui les lie, c’est que ce ne sont plus les terroristes venus de l’extérieur qui envahissent les pays du Sahel, ce sont les communautés africaines, autochtones qui se mêlent du djhadisme.Donc, ça rend très compliquer. En réponse, effectivement les couts d’État sont en contradiction avec la charte des Nations Unies, avec la charte de l’Union Africaine, avec la charte de la CEDEAO et même avec les constitutions de ces pays respectifs. Qu’est-ce que ces couts d’État font se reproduire, se multiplier, je ne suis pas sûr » a t-il martelé.
Camara Mohamed Decoster
