Le bras de fer entre le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) et l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) franchit un nouveau palier.
Dans une correspondance officielle adressée à la direction du parti, le ministère a notifié le maintien de la suspension de la formation dirigée par Cellou Dalein Diallo, assorti d’un ultimatum de six mois pour se mettre en règle.
Des « manquements substantiels » qui persistent
Malgré la soumission de dossiers complémentaires par l’UFDG, la Commission d’évaluation du MATD se montre intransigeante. Si le ministère reconnaît une certaine « coopération » de la part du parti, il estime que les corrections apportées sont insuffisantes pour lever la sanction initiale du 20 août 2025.
Le MATD liste cinq griefs majeurs qui bloquent la reprise des activités normales du parti :
- L’essoufflement démocratique interne : Le ministère souligne que l’UFDG n’a pas organisé de congrès national depuis 2015.
- L’absence de base légale locale : Un manque de procès-verbaux électifs au niveau des structures déconcentrées.
- Des irrégularités statutaires : Le remplacement d’un congrès statutaire par une « convention nationale », jugé non conforme aux textes du parti.
- Des nominations contestées : Une direction composée de membres nommés de façon irrégulière selon les autorités.
- La violation de la suspension : Le MATD accuse le parti d’avoir continué ses activités politiques via ses antennes à l’étranger, malgré l’interdiction.
Un compte à rebours de 6 mois avant la radiation
Au-delà de la suspension actuelle, c’est l’avenir même de l’UFDG qui est désormais en jeu. Le courrier invoque l’article 51 de la nouvelle Loi Organique L/2025/035/CNT relative au régime des partis politiques.
« Vous disposez d’un délai de rigueur de six (6) mois, à compter du 25 novembre 2025, pour mettre votre formation politique en conformité intégrale. »
Ce délai, qui court jusqu’en mai 2026, est présenté comme une ultime chance. Passée cette date, le ministère prévient sans ambiguïté : le parti s’expose à la perte de son statut juridique, soit une dissolution pure et simple.
Un tournant pour l’opposition ?
Cette décision intervient dans un climat de tension persistante entre le pouvoir de transition et la classe politique traditionnelle. Pour l’UFDG, le défi est immense : organiser un congrès d’envergure et restructurer l’ensemble de ses organes de direction en plein régime de suspension, tout en répondant aux nouvelles exigences législatives.
La réaction de l’UFDG est désormais scrutée de près. Le parti choisira-t-il la voie de la régularisation forcée ou dénoncera-t-il une manœuvre visant à écarter l’un des plus grands partis du pays des futurs enjeux électoraux ?