C’est un tournant majeur dans l’un des dossiers les plus médiatisés de la transition guinéenne. Ce jeudi 6 mars 2026, la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a prononcé la remise en liberté de l’ancien Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana. Après près de quatre ans de détention, l’ex-chef du gouvernement va pouvoir regagner son domicile.
Un état de santé jugé « très grave »
L’audience de ce jeudi s’est ouverte dans une atmosphère particulière, marquée une nouvelle fois par l’absence du prévenu. Le Procureur spécial, Aly Touré, a immédiatement justifié ce vide par l’état physique dégradé de l’accusé. Un rapport médical transmis à la Cour qualifie d’ailleurs la situation sanitaire du Dr Kassory Fofana de « très grave », rendant sa présence au tribunal impossible.
Face à l’urgence médicale, le ministère public a lui-même sollicité une mise en liberté provisoire pour permettre au prévenu de recevoir des soins adaptés à son domicile.
Fait notable : la partie civile, représentant l’État guinéen, ne s’est pas opposée à cette mesure. Dans une déclaration marquante, les représentants de l’État ont invoqué des raisons humanitaires :
« Nous n’avons pas une pierre à la place du cœur. Nous ne voulons pas juger un cadavre ici. »
Après une courte délibération, le juge a suivi ces réquisitions, ordonnant la libération immédiate pour motifs de santé.
Quelle suite pour le procès ?
Si cette libération marque la fin de son séjour en cellule, elle ne signifie pas pour autant l’arrêt des poursuites. La procédure judiciaire reste ouverte et le dossier a été renvoyé au 26 mars prochain pour la suite des débats, sous réserve de l’évolution de l’état de santé de l’ancien Premier ministre.