À quelques semaines des échéances électorales, le paysage politique guinéen subit un séisme. Le Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL) a officialisé, ce jeudi 2 avril 2026, son retrait total des législatives et des communales prévues pour le mois de mai.
Un « Non » catégorique au scrutin du 24 mai
Le couperet est tombé à l’issue d’une session extraordinaire du Bureau Exécutif National. Le MoDeL refuse de cautionner le double scrutin du 24 mai 2026, dénonçant un manque de garanties pour une compétition « sereine et équitable ».
Loin d’être une réaction isolée, cette décision est le fruit d’un large consensus interne. Le parti affirme avoir consulté ses bases, tant sur le territoire national qu’au sein de la diaspora, pour aboutir à ce constat : le contexte politique actuel ne permet pas une participation crédible.
La libération d’Aliou Bah : La condition sine qua non
L’ombre de l’absence pèse lourdement sur cette décision. Le parti lie intrinsèquement son avenir électoral au sort de son président, Aliou Bah, dont la détention reste le point de friction majeur avec les autorités.
« La priorité absolue demeure la mobilisation pour la libération du Président Aliou Bah », martèle le communiqué officiel.
En se retirant de la course, l’état-major du mouvement entend transformer ce temps électoral en un temps de résistance et de restructuration interne autour de trois piliers :
- Le plaidoyer intense pour la libération de son leader.
- Le renforcement de l’ancrage territorial du parti.
- L’organisation d’un prochain Congrès pour cimenter l’unité du mouvement.
Vers une crise de légitimité ?
Ce retrait porte un coup sévère à l’inclusivité des futures instances dirigeantes. En rejoignant les rangs de la contestation, le MoDeL fragilise la portée du scrutin à venir.
Si le parti réaffirme son intention d’agir avec « responsabilité », ce boycott pose une question cruciale : quelles seront les conséquences sur la légitimité du futur Parlement et des conseils communaux ? Si d’autres formations de l’opposition décident de suivre cette voie, le scrutin du 24 mai pourrait se transformer en un rendez-vous manqué pour la démocratie guinéenne.