Dans une note de service officielle, le premier responsable de l’IRE, Thiapato Barry, prononce l’interdiction formelle de ces manifestations jugées en décalage total avec la mission républicaine de l’école.
Conakry, le 21 mai 2026 – Le couperet est tombé. L’école guinéenne doit impérativement se recentrer sur ses fondamentaux : l’apprentissage et la rigueur pédagogique. C’est le message fort et sans ambiguïté envoyé par l’Inspecteur Régional de l’Éducation de Conakry, Thiapato Barry, aux Directeurs Communaux de l’Éducation (DCE) de la capitale.
Dans une correspondance officielle, l’autorité administrative tape du poing sur la table face à un phénomène qui a pris une ampleur considérable ces derniers mois dans les cours de récréation : l’organisation récurrente de festivités extrascolaires.
Le constat d’une dérive festive en milieu scolaire
Depuis plusieurs années, la mode des « journées sans sac » (où les élèves viennent à l’école avec des objets détournés en guise de cartable) et des « fêtes de couleurs » s’est installée dans le paysage scolaire guinéen, largement alimentée par l’effet de mode sur les réseaux sociaux. Si ces activités se veulent ludiques ou culturelles à l’origine, l’Inspection Régionale y voit désormais une dérive majeure.
Dans sa lettre, l’Inspecteur Régional formule un constat sans appel :
« Il nous a été donné de constater, ces derniers temps, l’organisation récurrente de certaines activités dites culturelles au sein des établissements scolaires […] souvent réalisées en marge des objectifs pédagogiques et éducatifs assignés à l’école guinéenne. »
Pour l’administration, le diagnostic est clair : ces manifestations perturbent le temps d’apprentissage, banalisent l’espace scolaire et détournent les élèves de leur objectif premier : la réussite académique.
Une interdiction stricte et immédiate
Face à ce qu’elle qualifie d’activités « non conformes au cadre scolaire », l’IRE de Conakry n’a pas opté pour une simple sensibilisation, mais pour une prohibition pure et simple.
Le document officiel instruit formellement les DCE à prendre toutes les dispositions nécessaires pour interdire, dans l’ensemble des établissements publics et privés de leur ressort :
- Les fêtes de couleurs ;
- Les journées sans sac ;
- Toute autre activité ne s’inscrivant pas dans le cadre strictement pédagogique et éducatif.
L’Inspecteur Régional, Thiapato Barry, conclut sa note en appelant au « sens élevé de responsabilité » des directeurs communaux pour veiller à l’application stricte et immédiate de cette mesure.
Un débat de société relancé
Cette décision radicale de l’IRE de Conakry ne manquera pas de faire réagir. Du côté des équipes pédagogiques et des associations de parents d’élèves (APEAE), beaucoup saluaient déjà en coulisses la nécessité de restaurer la discipline et la sacralité de l’école, parfois mise à mal par des débordements festifs.
En revanche, du côté des élèves, cette mesure sonne comme la fin d’une forme d’expression et de décompression à l’approche des examens de fin d’année.
Une chose est sûre : à Conakry, les cartables devront rester des cartables, et les salles de classe, des lieux d’étude. La recréation est bel et bien terminée.
