Le paysage médiatique guinéen était en ébullition ce vendredi. Dans un réceptif hôtelier de la place, le célèbre journaliste Eugiène Capi Balamou a célébré ses dix années de vie professionnelle. Plus qu’un simple anniversaire, cet événement a été un carrefour de réflexions de haut niveau grâce à des panels axés sur la pratique du métier de journaliste en Guinée et les défis du numérique. La cérémonie s’est clôturée en beauté par la remise de satisfecit aux personnalités qui se sont distinguées au cours de l’année écoulée.
Une décennie de passion, de défis et de résilience
Devant un parterre de distingués invités, de confrères et de figures de proue de la société, le jubilaire a prononcé un discours empreint d’émotion, revenant sur les hauts et les bas qui ont jalonné son parcours depuis 2016.
»Mesdames et messieurs, distingués invités, chers confrères et vous tous amoureux du verbe de défenseur de la vérité, c’est avec une émotion profonde […] teinte d’une immense gratitude, que je me tiens devant vous aujourd’hui », a d’entrée de jeu déclaré Eugiène Capi Balamou. Jetant un regard rétrospectif sur ce parcours, il a qualifié cette décennie d’« éternité à la fois vertiginée et profondément humiliante », rappelant que « dix ans, dix années se sont écoulées depuis que j’ai embrassé pour la première fois ce société qui est le journalisme. »
Pour lui, ce chemin parcouru est le reflet de « dix ans de passion, de doute, de veille, de combat pour l’information, mais surtout dix ans de communication ininterrompue avec vous, le public. » Se remémorant ses débuts en 2016, il a souligné qu’il n’avait alors pour seuls bagages qu’une « curiosité insatiable » et la « conviction intime que la part donnée à la télévision, à la radio ou gravée dans l’écrit possède le pouvoir de transformer les consciences. »
Le journalisme comme sacerdoce et vecteur de transformation
Loin de toute autosatisfaction, Eugiène Capi Balamou conçoit son métier comme un engagement citoyen et moral envers la nation guinéenne.
»Ce jubilé d’été n’est pas seulement le mater du temps qui passe, il est le symbole d’une fidélité. Fidélité à une vocation, fidélité à la déontologie et fidélité à notre chère patrie, la nation guénienne », a-t-il martelé, avant de rappeler la dure réalité du métier : « Le journalisme n’est pas un métier ordinaire, c’est un choix de vue où l’on accepte de s’effacer derrière les récits des autres. Tout en portant la lourde responsabilité de traduire la complexité du monde. »
Qu’il soit en studio d’animation ou en reportage sur le terrain, le journaliste affirme que « chaque micro ouvert a été une opportunité de donner une voix à ceux qui n’en ont pas, d’introduire le présent pour écrire l’avenir et de rencontrer la Guinée dans toute sa diversité. » Une exigence quotidienne face à un public qu’il qualifie de « redoutable, mais juste », et dont la confiance « se gagne à la sueur du fond, par la rigueur, l’ambiance, l’identité et la démarche. »
Face aux obstacles et à la fatigue, Eugiène Capi Balamou a tenu à rendre hommage à ses proches et collaborateurs qui ont été le « carburant de [sa] résilience », car, rappelle-t-il avec justesse, « aucun journaliste ne grandit seul. »
L’adaptation face à la révolution numérique et le devoir de transmission
Le journaliste a également profité de cette tribune pour analyser l’évolution des médias en Guinée, fortement marqués par l’avènement des nouvelles technologies.
»Le rôle des médias en Guinée a considérablement évolué en dix ans. Nous sommes passés d’une information purement descendante à une activité totale où le public est acteur », a-t-il analysé. Face à cette mutation, le grand défi reste de « rester une référence, un ancrage de crédibilité au milieu du tumulte de l’immédiatité numérique. »
Pour les dix prochaines années, Eugiène Capi Balamou se projette déjà dans la transmission et l’innovation managériale : « Une décennie de carrière impose aussi un devoir, celui de transmission et de décelance. On ne peut pas traverser dix ans dans le monde des médias sans vouloir élever des standards, sans vouloir laisser une empreinte positive pour la génération qui suit. »
Une main tendue vers l’excellence guinéenne : Célébrer le mérite collectif
Fidèle à sa rigueur professionnelle, l’homme de média a refusé de s’enfermer dans une « célébration narcissique ». C’est pourquoi cet anniversaire a été couplé avec la mise en lumière des talents et bâtisseurs de la Guinée à travers la remise de satisfecit.
»Le journalisme est le miroir de la société et aujourd’hui ce miroir veut refléter la lumière de l’effort du partenariat économique, de l’innovation culturelle et de l’engagement social. Nous sommes ici pour honorer les mérites. Nous sommes ici pour dire à ces gens et à ces femmes que leur travail est vu et que leur audace est admirée », a-t-il affirmé avec force.
Qu’il s’agisse des capitaines d’industrie, des acteurs culturels, des femmes leaders ou des jeunes entrepreneurs de la tech, le journaliste a salué cette « guinée qui gagne, de cette guinée qui est résiliente et qui est ambitieuse. »
Le prologue d’un nouvel élan
Cette célébration des 10 ans de carrière ne marque pas une fin, mais plutôt le début d’un nouveau chapitre.
»Mesdames et Messieurs, dix ans de carrière ont été magnifiques. Cela peut traiter cette clore qui se clôture, mais c’est surtout le prologue des dix prochaines années », a-t-il annoncé avec optimisme.
« Pour ma part, cet anniversaire renforce mon engagement à honorer ce métier avec la même fraîcheur qu’à mes débuts, mais avec la maturité et l’expérience en plus. »
Le mot de la fin fut une salve de remerciements vibrants à ses mentors, ses collaborateurs, ses partenaires et sa famille, notamment son épouse, avant de conclure sous des applaudissements nourris : « Continuons à faire bouger la ligne, continuons à rêver grand pour la Guinée. Vive le journalisme libre, rigoureux et constructif. Vive le mérite et l’assurance guinéenne et que Dieu bénisse notre siècle patrie ! »
