Au lendemain de son incarcération, le conseiller en communication du ministère de la Justice a fermement rejeté les accusations de tricherie qui pèsent contre lui. Devant le tribunal correctionnel, l’accusé crie à l’injustice et livre sa version des faits.
C’est une affaire embarrassante qui secoue les hautes sphères de la chancellerie. Supervisant les épreuves du concours des auditeurs de justice le samedi 8 août dernier, Sékou Keita est accusé d’avoir tenté d’aider Maciré Camara, l’une des candidates, en traitant les sujets à sa place. Poursuivis conjointement pour « fraude », le haut fonctionnaire et la candidate ont comparu ce mercredi 12 août 2026 devant le Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn.
Une simple bouteille d’eau au cœur du dossier
Face au juge Mohamed Sangaré, le prévenu s’est attaché à déconstruire point par point le scénario de l’accusation. Loin de toute tentative de manipulation de l’examen, il affirme que son interaction avec la candidate se résumait à un geste d’assistance élémentaire :
« À 8 heures, je suis allé sillonner toutes les salles, j’ai constaté qu’il n’y avait pas d’eau dans certaines salles. C’est ainsi que je suis allé dans la salle 16 pour apporter de l’eau. Tout ce que je faisais comme action, c’était en présence des surveillants. J’ai pris deux bouteilles d’eau qui étaient dans un sachet en plastique, le directeur du centre a pris une bouteille, et je suis allé déposer l’autre pour elle. Une heure après, j’apprends qu’il y a eu de la fraude. Pour mon honneur et ma dignité, j’ai demandé à ce qu’une enquête soit faite »
L’incompréhension face au mandat de dépôt
Marqué par sa garde à vue et son placement sous mandat de dépôt, le collaborateur du ministre ne démord pas et martèle : « Je ne me reproche de rien ».
À la barre, l’homme a vivement contesté la sévérité de sa détention provisoire, mettant en avant son expérience institutionnelle et les garanties d’impartialité qu’il estimait incarner :
« Moi, j’ai été conseiller pendant 12 ans et j’ai organisé quatre fois ce concours. Au vu de la loi, je représente toutes les garanties pour ne pas aller en prison pour des faits présumés de fraude »
Alors que les audiences se poursuivent à Dixinn, la suite des interrogatoires des témoins et des prévenus devra déterminer si ce dossier relève d’un dysfonctionnement grave ou d’un malentendu tragique pour le cadre du ministère.
